Les Brigands
Un matin de mars 1793, il s'en va… le couteau d'persoué à la main,
et celui de six liards dans la poche avec le chapelet.
Au son du tocsin, il rejoint les autres et les conscrits à l'auberge.
Ensemble, ils écoutent le chef qui parle de liberté bafouée,
puis le curé réfractaire à la loi les bénit, mais ici on ne vit pas que d'eau bénite !
Une première barrique de vin ne suffisant point à abreuver la troupe grossissante,
on en défonce une deuxième !!!
Aux cris de « pour Dieu et pour le Roi, vive Louis XVII »
on s'insurge contre la République qui renie ses belles promesses,
qui chasse nos curés et qui a tué notre roi.
De Paris, on nous surnomme « LES BRIGANDS »
Bientôt 700 paroisses des confins de l'Anjou, de la Bretagne et du Poitou
se soulèvent au nom de la Liberté. C'est la Guerre de Vendée…
L'armée « en sabots » devient la Grande armée Catholique et Royale
contre « les Bleus » de l'Armée Républicaine.
Six mois de guerre civile entre défaites et victoires, des années de terreur
et de souffrance, puis l'extermination de nos ancêtres par les colonnes infernales.
Après plusieurs centaines de milliers de morts dans chaque camp,
la paix et la Liberté reviendra avec le Concordat de 1801.
Deux siècles plus tard, Jean Camille Emeriau, aubergiste-écrivain,
rend hommage à ses ancêtres brigands massacrés,
en baptisant cette auberge : L'Auberge des Brigands située à La Boissière du Doré pas loin de Nantes.